Author:
Gohin Audrey,Cazals Marie-Pierre,Croity-Belz Sandrine
Abstract
La loi du Revenu de Solidarité d’Activité (RSA) a succédé au Revenu Minimum d’Insertion (RMI) en 2008. Le RSA poursuit la même logique que le RMI pour les bénéficiaires du RSA : des droits (l’allocation financière) et des devoirs (rechercher un emploi). Les conseils départementaux opérationnalisent la prise en charge des bénéficiaires du RSA par la voie d’accompagnements soit sociaux, soit à visée professionnelle. Au bout de la chaine, les conseillers/référents RSA accompagnent ces bénéficiaires dans leur recherche d’emploi. Comment ces conseillers/référents RSA font-ils pour accompagner les bénéficiaires du RSA, souvent éloignés de l’emploi ? Entre les exigences en matière d’employabilité et les valeurs de l’accompagnement, comment gèrent-ils ces logiques qui peuvent entrer en contradiction, voire mener à des conflits ? Se perçoivent-ils suffisamment reconnus dans l’exercice de leur rôle professionnel ? Pour répondre à ce questionnement, nous avons réalisé une enquête par questionnaire auprès de 211 conseillers/référents RSA. Les réponses au questionnaire ont été analysées par des Analyses Factorielles : des Analyses en Composantes Principales pour créer des indicateurs et une Analyse Factorielle des Données Mixtes (AFDM), correspondant à notre jeu de variables qualitatives et quantitatives, pour étudier les corrélations entre les variables. Les résultats de cette analyse montrent trois types de profils chez les conseillers/référents RSA. Un premier profil de professionnels qui s’inscrivent dans une dynamique conflictuelle dans l’orientation de leur rôle professionnel. Un deuxième profil de conseillers/référents RSA qui s’inscrivent dans un rapport de reconnaissance perçue avec l’institution. L’Analyse Factorielle des Données Mixtes (AFDM) montre un troisième profil plus inattendu : les conseillers/référents RSA qui sont expérimentés sur le poste perçoivent à la fois de la reconnaissance et de la surcharge de travail, ce qui questionne quant à une forme instrumentalisée de la notion de reconnaissance.
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