Abstract
Cet article étudie comment, dans le contexte d’un renouvellement des approches de l’alcoolisme, le couple est investi d’un nouveau rôle thérapeutique par les psychiatres au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. En s’appuyant sur l’analyse de la littérature médicale, des publications des mouvements d’anciens buveurs et des dossiers de patients d’une consultation anti-alcoolique parisienne, il montre que les femmes sont tenues pour en partie responsables de l’alcoolisme de leur conjoint et que leur enrôlement dans la relation thérapeutique s’accompagne d’injonctions genrées.
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