Abstract
Répondre à la question de savoir comment comprendre un être dépourvu de langage implique de savoir quels types d’attitudes intentionnelles, et avec quels contenus, il est possible de lui attribuer. On examinera ici trois réponses « différentialistes » à cette dernière question, d’après lesquelles une différence de catégorie ou de nature sépare, s’agissant de ces attitudes et de leurs contenus, les êtres pourvus de langage, tels les humains, et ceux qui en sont dépourvus, tels les animaux. On discutera en particulier du plus solide des arguments de Donald Davidson en faveur d’un différentialisme fort : l’argument de l’indétermination, d’après lequel de notre incapacité à attribuer un contenu déterminé à toute croyance animale supposée il suit qu’il ne faudrait pas attribuer aux animaux la moindre croyance. En s’appuyant sur les analyses wittgensteiniennes de Peter Hacker, on rejettera l’une des trois prémisses de cet argument tout en défendant les deux autres, ce qui conduira à avancer un différentialisme modéré.
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